Débat d'orientations budgétaires 2016 de Villiers-sur-Marne

Publié le 12 Février 2016

Cette année est, comme les trois précédentes, placée sous le signe de ce que j'appelle le racket fiscal du gouvernement sur les collectivités territoriales.

Depuis plusieurs années je ne cesse de condamner le désengagement de l’État et son endettement toujours plus lourd mais cette année, tous les records sont battus avec notamment l'endettement record de l’État qui s’élève à 2105 milliards d'euros, 98,5% du PIB.

L'état de la France est infiniment plus grave qu'en 2012.

L’État, non seulement est incapable de diminuer le rythme de ses dépenses mais en plus il accélère ce rythme par sa folie dépensière.

L'augmentation frénétique des emplois publics, la généralisation du tiers-payant qui coûtera près d'un milliard d'euros et donnera l'illusion d'une médecine gratuite ne sont que quelques exemples parmi hélas tant d'autres de cette gabegie.

Ainsi, la France aura en 2016 le plus lourd déficit public et la plus faible croissance de toute la zone euro.

Et l’ensemble des indicateurs sont alarmants, n’en déplaise au Président de la république qui nous disait, il y a un an et demi : « la reprise, elle est là ». Nous pouvons juger de la situation à l’aune de 4 indicateurs : croissance, chômage, prélèvements obligatoires, déficits :

1/ La croissance, tout d’abord était en 2015 de 1,1% contre 1,6% en moyenne dans la zone euro. Rappelons que dans son document de campagne en 2012, le candidat escomptait une croissance entre 2 et 2,5%.

2/ Le chômage dont on attend toujours la courbe de l’inversion, est à son plus haut avec des taux jamais atteints depuis 1997. Sur les 28 pays de l’Union, 23 voient leur chômage baisser, 1 stagner et 4 augmenter dont la France, qui enregistre par ailleurs la hausse la plus importante.

Entre mi-2013 et fin 2015, notre pays n’a créé que 57000 emplois contre 288000 en Italie, 482000 en Allemagne et 651000 en Espagne. Insuffisant pour faire baisser le chômage.

Par contre le gouvernement préfère créer 233000 emplois publics, source de toujours plus de dépense publique et manipuler les chiffres du chômage en transférant 500000 demandeurs d’emplois vers des formations « parking » dont on sait déjà que ce chiffre est inatteignable.

3/ Au niveau des prélèvements obligatoires, la France se situe en deuxième position. Et pourtant, cette année devait être celle de la montée en charge du CICE, promesse du gouvernement pour faire baisser la pression fiscale, promesse non tenue, une de plus.

4/ Enfin, le déficit, que le gouvernement est incapable de maîtriser alors que l’Allemagne affiche désormais des excédents.

Le déficit de 3,7% est au-dessus des prévisions et ne respecte pas les engagements de la France. S’il baisse légèrement de 0,2% par rapport à 2014, ce résultat est surtout dû à la baisse de l’euro, à la baisse des importations d'énergie, elle-même liée à la baisse du prix du pétrole et en aucun cas aux grands mérites de la politique absolument géniale du gouvernement.

Il est d’autant plus médiocre que la France a bénéficié de circonstances exceptionnelles comme la baisse de 1,1 milliard d’€ du prélèvement pour le budget européen et de celle de 2 milliards sur la charge de la dette.

Après la crise sans précédent de 2008 dont l’actuel président s’est empressé de nier l’existence alors même que la commission des finances et la présidence de la cour des comptes étaient confiées à des membres du PS qui n’ont sans doute pas manqué de l’alerter, l’ancienne majorité avait entamé une baisse drastique des déficits. Aujourd’hui, le pays fait du surplace.

Et c'est le prix de cette inconséquence folle que l'Etat veut faire payer aux collectivités en les punissant et leur imposant de subvenir à sa propre incurie.

Alors que la Gauche condamnait en 2011 le gel (et non pas la baisse) des dotations, il a appliqué une baisse de 1,5 milliard en 2014 et 3,67 milliards en 2015, ce sont 2 milliards qui viendront à être retirés aux collectivités territoriales.

Cette baisse de 10 milliards qui se poursuivra jusqu’en 2017 représente 20% des 50 milliards d’économies alors que les collectivités ne représentent que 4% des déficits publics et l’Etat 83%

Les collectivités territoriales, dont il convient de rappeler qu'elles ont l'obligation de présenter des budgets en équilibre, portent plus de 70% des investissements publics civils dont plus de 60% pour le seul bloc communal. Elles pèsent dans le même temps pour moins de 10% de la dette nationale.

C'est en effet le monde de l'entreprise qui crée la richesse et l'emploi mais cela, les socialistes, prisonniers d'une idéologie dépassée, ne l'ont toujours pas compris.

Au contraire, ils appliquent méthodiquement et de manière systématique depuis 2012 une politique de stigmatisation de l'effort et de la réussite (remise en cause des auto-entrepreneurs, fiscalisation des heures supplémentaires, suppression des bourses au mérite etc, etc…) et toutes les décisions depuis 2012 s'attaquent systématiquement aux entreprises, aux PME, aux artisans, commerçants, travailleurs indépendants, professions libérales.

Et ce ne sont pas les mesurettes de la Loi MACRON qui permettront de gommer les effets désastreux de cette politique.

C'est donc, mes chers collègues, dans ce cadre "idyllique" que nous sommes une fois de plus condamnés à l'exploit.

En effet, pour 2016, il nous faut combler un trou de 1,1 million d’euros que l’Etat nous lègue, entre baisse des dotations et charges supplémentaires.

Grâce à une gestion des plus rigoureuses, je suis en mesure de vous annoncer 3 décisions essentielles pour 2016, malgré ce contexte particulièrement sombre que nous lègue le gouvernement :

  • Pas d’augmentation des taux d’impôts locaux
  • Pas de hausse des tarifs municipaux
  • Aucun recours à l’emprunt

Pour ce qui est de l’investissement, nous tenons notre feuille de route pour laquelle une large majorité de Villiérains s’est prononcée lors des dernières élections municipales de l’an dernier.

En 2016, comme en 2015, par une politique foncière intelligente, nous autofinancerons nos investissements sans recours à l’emprunt et notamment le démarrage de l’école Mistral, financée par 80% de subventions ANRU, la poursuite du plan de numérisation des écoles, des travaux d’accessibilité dans les bâtiments communaux et sur la voirie publique…

L’entretien de notre patrimoine, nos bâtiments municipaux bien sûr, mais aussi notre voirie sera maintenu à un niveau soutenu.

Comme vous le constatez, en 2016 encore, nous allons maintenir le cap, celui d'une politique ambitieuse de poursuite de nos investissements, de maintien de nos prestations et de poursuite de notre désendettement.

Par ailleurs, le développement programmé de la future ZAC Marne Europe, les perspectives de développement économique mais aussi l’apport de nouvelles populations laissent entrevoir des perspectives positives à partir de 2020-2021. Toutes les prévisions établies notamment par EPAMARNE sont sans ambiguïté à ce sujet.

En effet, en tant que maire on se doit d’avoir une vision non pas à courte vue mais à long terme et il faut rester confiants dans l’avenir même si d’ici-là les quelques années qui viennent s’annoncent pour le moins difficiles en raison de cette politique gouvernementale de démolition systématique, d’improvisation que l’on pourrait qualifier de « flou d’Etat permanent ».

Rédigé par JA BENISTI

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