Couac de la Gauche sur les 35 heures

Publié le 7 Novembre 2012

1°) Dans le gouvernement de François Hollande, chaque semaine apporte son « couac » en lettres majuscules !

 

Il y a 15 jours, c’était le Premier ministre qui annonçait la censure de la loi sur le logement social avant que le Conseil constitutionnel n’ait statué, et cela au mépris du principe de séparation des pouvoirs.

La semaine dernière, Jean-Marc Ayrault a créé un incroyable imbroglio sur la question des 35 heures :
A un lecteur du Parisien qui l’interroge dans l’édition du 30 octobre « Si, demain, on revenait à 39 heures payées 39, des gens seraient peut-être ravis? », Jean-Marc Ayrault répond « Mais, pourquoi pas ? Il n'y a pas de sujet tabou. Je ne suis pas dogmatique. »
Tout cela en parfaite contradiction avec ce qu’il dit depuis 10 ans (Jean-Marc Ayrault, 18 septembre 2002 : « toucher aux 35 heures, je trouve ça, pour des raisons idéologiques, tout à fait irresponsable » ; 4 décembre 2007 : « Le déshabillage des 35 heures ne va pas habiller comme par miracle la feuille de paie» ; 5 janvier 2011 : « A 99%, les députés PS, sommes pour le maintien de la durée légale du travail à 35 heures ».)

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Interrogé à ce sujet sur RTL, le ministre du Travail, Michel Sapin, désavoue publiquement son Premier ministre : « Et bien non, il ne faut pas supprimer les 35 heures ». Et, pour tenter de se justifier, il file une métaphore douteuse sur les canards sans tête : « il faut couper la tête au canard, les pattes, les ailes et la tête du canard ». « Le canard que vous lancez fait un couac ».


Pris de court, Laurent Fabius a tenté de son côté d’esquiver sur France 2 : « Il y aura sûrement un débat ». « Il dit qu'il n'y a pas de tabou, etc, mais enfin il dit qu'il n'est pas favorable à cette mesure ». « Je ne veux pas relancer la polémique ».

 

Enfin, Jean-Marc Ayrault se sent obligé de rectifier le tir sur France Info : « Ce n'est pas un débat qui est relancé. Il y a toujours débat dans la société française, on est dans une démocratie. Est-ce qu'on a le droit de parler de tous les sujets? ». « Un lecteur du Parisien me pose cette question. Je dis qu'il n'y pas de sujets tabous. Simplement ce n'est pas le point de vue du gouvernement. Il n'est pas question de revenir sur les 35 heures ».
En clair, sur la suppression des 35 heures, le Premier ministre renie ce qu’il a soutenu pendant 10 ans, avant d’être contredit par son ministre du Travail, mais approuvé par son ministre des Affaires étrangères, lui-même contredit par Jean-Marc Ayrault qui dit que le Premier ministre n’a pas défendu le « point de vue du gouvernement »… Nous sommes en pleine schizophrénie gouvernementale.

 

2°) Cela traduit une fois de plus un degré inédit d’amateurisme au pouvoir.

 

Et c’est bien François Hollande qui est responsable de cette cacophonie permanente.
D’abord parce que c’est François Hollande qui a choisi lui-même de faire de Jean-Marc Ayrault son Premier ministre. Ensuite parce les difficultés du gouvernement sont directement liées à l’absence de stratégie lisible de François Hollande. Si François Hollande avait donné un cap clair à son Premier ministre, s’il avait fait preuve d’autorité, jamais son gouvernement ne serait ainsi éparpillé dans une confondante médiocrité quotidienne. C’est d’ailleurs bien François Hollande lui-même qui avait affiché au grand jour son impréparation, notamment sur les questions économiques, le 31 août dernier, en affirmant qu’il venait de prendre conscience de la « gravité » d’une crise qu’il avait niée durant toute sa campagne électorale. C’est François Hollande lui-même qui a repoussé toute réforme de structure au mieux après 2014 en annonçant son « agenda du redressement », le 9 septembre dernier. C’est enfin François Hollande qui a enterré le rapport de Louis Gallois sur la compétitivité, qu’il avait pourtant lui-même commandé, en déclarant le 20 octobre dernier : « c’est un rapport qui engage son auteur, qui n'engage pas le gouvernement, pas le Président de la République ».


3°) Ce vaudeville continuel prêterait à sourire si la situation n’était pas si grave et si l’indécision chronique de François Hollande n’ajoutait pas de la crise à la crise.

 

Nous avons dépassé la barre des 3 millions de chômeurs, il y a eu près de 50 000 demandeurs d’emplois
supplémentaires en septembre, et la gauche en est encore à se demander quelle stratégie il faut adopter !
Pour nous, le diagnostic est sans appel, les 35 heures ont été un facteur de désorganisation du tissu industriel, de pénibilité et de dégradation de la valeur travail, notamment dans l’industrie.
La durée effective de travail des salariés à temps plein Français, qui représentent 80% des travailleurs, est la plus faible d’Europe.

Par exemple, les salariés à temps plein Français travaillent 13% de moins que les Allemands. De plus, c'est en France que la durée du travail a le plus baissé depuis 10 ans : -13,9 %, contre -6,1 % en Allemagne, -5,3 % au Royaume-Uni ou -5,9 % en Italie. Si le partage du temps de travail ne permet pas de résorber le chômage,
l’augmentation du temps de travail contribue à renforcer la compétitivité des entreprises. A l’UMP, nous proposons donc de supprimer la durée légale du travail en laissant les partenaires sociaux décider de la durée du travail et donc du seuil de déclenchement des heures supplémentaires dans chaque entreprise.

 

Nous appelons le gouvernement à la responsabilité : il est urgent d’agir pour renforcer notre compétitivité afin de protéger l’emploi. La fin des 35 heures, comme la baisse du coût du travail, sont des éléments clés pour restaurer notre compétitivité. Dans l’intérêt supérieur de la Nation, nous serons aux côtés du gouvernement si jamais il
avait le courage politique nécessaire pour s’attaquer à la question du temps de travail.

Rédigé par JA BENISTI

Publié dans #Assemblée nationale

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