RENONCEMENT À L’OBJECTIF DE 3% DE DÉFICIT BUDGÉTAIRE EN 2013 : L’ECHEC ECONOMIQUE DE FRANÇOIS HOLLANDE

Publié le 18 Février 2013

Le 12 février, la Cour des Comptes a annoncé que l’objectif de réduction  à 3% du déficit en 2013, affiché par François Hollande, n’a que « peu de chances » d’être tenu. Par conséquent, Jean-Marc Ayrault a été contraint  de déclarer le 13 février : « nous ne serons pas à 3% en 2013.»

 

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1°) Durant sa campagne présidentielle, François Hollande avait érigé  comme une sorte de totem l’objectif de ramener à 3% du PIB, le déficit  public de la France en 2013. Il avait gravé cet objectif dans le marbre de  son projet pour tenter de prouver sa crédibilité en matière économique :

· Dans une interview au Monde du 16 juillet 2011 : « il faut rééquilibrer nos comptes publics dès 2013 » à 3%.

· Dans son programme présidentiel, l’engagement n°9 était : « le déficit  public sera réduit à 3% du produit intérieur brut en 2013. »

2°) Une fois élu, François Hollande a confirmé son engagement et l’a  érigé comme test du sérieux de gauche et comme but de sa politique   économique :
· « Nous sommes confrontés à un impératif de rééquilibrage de nos  comptes. Je confirme l’engagement pris par la France de ramener le  déficit public à 3% en 2013. » (7 septembre 2012, devant la Cour des  Comptes).

· Le 9 septembre 2012 sur TF1, François Hollande a détaillé comment il  comptait parvenir à cet objectif sur la base « d’une prévision réaliste de  croissance, qui sera donc inférieure à 1%, sans doute 0,8%, car je ne  veux pas que l’on puisse imaginer que l’Etat prépare son budget avec  des hypothèses qui se révéleraient fausses » et en dégageant 30 milliards €, dont « 10 milliards d'euros de prélèvements  supplémentaires sur les entreprises » et « 10 milliards sur les  ménages » en 2013. Nous avions annoncé à l’époque, comme la  plupart des instances économiques (FMI, OFCE, OCDE) que François  Hollande ne tiendrait ni les 3% de déficit, ni les 0,8% de croissance car,  dans un pays où les niveaux de dépense publique (56,3% du PIB) et de pression fiscale (46,3%) sont déjà les plus élevés parmi tous les pays  développés (derrière le Danemark), chaque euro d’impôt  supplémentaire casse l’économie.

3°) Les faits nous donnent malheureusement raison. Tous les  indicateurs montrent en effet que, depuis l’élection de François  Hollande, le choix aveugle de l’impôt (32 milliards d’impôts nouveaux  selon la Cour des Comptes et non pas 20 milliards comme l’a affirmé faussement le Président de la République), le refus de baisser la  dépense publique (retour partiel à la retraite à 60 ans, augmentation,  pour la première fois depuis 10 ans, du nombre de fonctionnaires) et  l’absence de toute réforme de structure au service de la compétitivité ont  brisé les ressorts de l’activité économique et la confiance dans  notre pays :

· Trop d’impôt réduit le pouvoir d’achat et donc la consommation :  hausse de l’impôt sur le revenu pour 16 millions de ménages et de la  taxe sur les pensions pour 7 millions de retraités, hausse de 7 milliards  d’euros de la TVA sans baisse des cotisations sociales, hausse des  droits de successions et baisse du quotient familial… François  Hollande a fait stagner le pouvoir d’achat (0% de progression en 2012,  contre +0,2% en 2011 selon l’INSEE) et la consommation (+0,2% au  troisième trimestre de 2012, contre +0,4% au second trimestre).

· Trop d’impôt décourage le travail : taxation de plus de 4 milliard   d’euros des heures supplémentaires, taxation de l'épargne salariale,  augmentation des cotisations sociales, salariales, patronales, sur les  emplois à domicile, et pour les professions libérales, artisans,  commerçants, indépendants, et auto-entrepreneurs… François  Hollande a renchéri le coût du travail, découragé les embauches et ceux qui veulent travailler plus : la production de biens et services a baissé de  -0,5% au dernier trimestre de 2012 après +1,9% en 2011.

· Trop  d’impôt bloque l’investissement et affaiblit la compétitivité : 15  milliards  de taxes nouvelles sur les entreprises, dont une hausse de 4  milliards € de la fiscalité sur les investissements, des symboles  désastreux comme la taxe à 75%, jugée inconstitutionnelle, et la  stigmatisation des entrepreneurs… François Hollande a mis à l’arrêt  l’investissement des entreprises qui a chuté de -0,8% puis de -1,2% aux  3ème et 4ème trimestres de 2012. Il avait progressé de 5,1% en  2011, sous la précédente majorité. Au 4ème trimestre de 2012, nos  exportations ont aussi chuté de -0,6%, après trois premiers trimestres  positifs. Le résultat de la paralysie de la consommation, du travail et de  l’investissement d’un côté, et de l’absence de réformes de l’autre, c’est  que la croissance s’est effondrée depuis l’élection de François  Hollande. Selon l’INSEE, au dernier trimestre de 2012, la croissance a  reculé de -0,3%. Un tel recul n’avait pas été observé depuis 15  trimestres, et le début de l’année 2009, quand la France émergeait à  peine du choc de la crise financière de 2008. Le chômage a  dramatiquement explosé en parallèle : depuis mai 2012, il y a eu 250  000 chômeurs supplémentaires, soit en moyenne 1000 chômeurs de  plus chaque jour. Sans compter les radiations administratives de Pôle  emploi pour masquer la réalité du chômage : elles ont explosé de +25%  au mois de décembre. 

4°) Dans ce contexte, la Cour des Comptes a confirmé, dans son rapport du 12 février 2013, que l’objectif de réduction de 3% des déficits  ne serait pas tenu, et que la croissance ne dépasserait pas les 0,3%,  loin des 0,8% espérés par le gouvernement. Jean-Marc Ayrault a dû  officiellement reconnaître que les objectifs fixés par François Hollande  ne seront pas respectés (« Nous ne serons pas à 3% en 2013 », France  3, 13 février 2013). La Cour des Comptes dit ainsi clairement  que, pour 2013, le budget de François Hollande n’est ni crédible ni bon  pour la France et les Français :

· Il n’est pas crédible parce qu’il s’appuie sur une prévision de  croissance et des rentrées fiscales grossièrement surestimées.

· Il  n’est pas bon parce qu’il privilégie les hausses d’impôts aux baisses de  dépenses au détriment de la croissance : 32 milliards de hausses  d’impôts et 6 milliards de baisse de dépenses soit un effort budgétaire  qui repose à 75% sur l’impôt et « aucune réforme porteuse d'économies   u-delà de 2013 ne peut être identifiée » !
Cette stratégie  est contre-productive et isole la France sur la scène européenne où les  autres Etats baissent leurs dépenses et tiennent leurs objectifs de  éficits pour 2013 (-0,2% pour  l’Allemagne, -2,1% pour l’Italie). Jörg  Asmussen du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) a  d’ailleurs jugé « qu’il est extrêmement important que la France tienne  ette année sa promesse de ramener son déficit en-dessous de la barre  des 3% ».

Bien sûr, la gauche cherche à fuir ses responsabilités,  invoque « l’héritage » de la droite, l’impact de la crise internationale.  Mais rien ne sert de chercher des boucs-émissaires ou d’embrouiller  les Français en agitant des sujets sociétaux : la droite n’est plus au  pouvoir, la gauche est hégémonique, François Hollande a appliqué la  politique économique de son choix et ses premiers résultats sont  désastreux pour la France et les Français. Il doit les assumer. L’échec  de François Hollande est sans appel : l’objectif de 3% de déficits était irrécusable ? Il est abandonné. La prévision de croissance à 0,8% était  « réaliste » ? Elle est jugée fantaisiste par les experts. Il n’augmentera  plus les impôts ? La gauche annonce déjà qu’elle veut fiscaliser les  allocations familiales et ponctionner les pensions des retraités. La courbe du chômage sera inversée ? Une telle baisse est impossible  sans croissance.

Le « sérieux » de la gauche et la crédibilité  personnelle de François Hollande sont engagés. A l’UMP, nous alertons  sur le danger de voter de nouvelles hausses d’impôts, ce serait mortifère et « récessif », selon le mot de la Cour des Comptes. La  gauche ne peut se permettre de persévérer dans cette stratégie qui  mène la France au déclin. François Hollande doit immédiatement  changer de politique économique.

Pour l'y inciter, les députés UMP vont  déposer une motion de censure à l'Assemblée nationale. Car une autre politique économique est possible : réduction des dépenses publiques,  allongement pour tous du temps et de la durée du travail,  assouplissement du Code du travail, allègement des contraintes  réglementaires qui étouffent les entreprises, paris sur l’apprentissage,  la formation et l’innovation, défense de nos intérêts commerciaux aux  frontières de l’Europe.

En renouant avec la compétitivité et le retour vers  la croissance, la hausse du pouvoir d'achat et la baisse du chômage  sont des horizons raisonnables !

Rédigé par JA BENISTI

Publié dans #Assemblée nationale

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