Rentrée politique de François Hollande : un président dépassé

Publié le 17 Septembre 2012

1°) François Hollande, totalement dépassé par la crise, a confirmé que le changement ce n’est pas maintenant.

François Hollande s’était ingénié durant toute la campagne électorale à expliquer que tout était de la faute de Nicolas Sarkozy, niant la réalité de la crise… Aujourd’hui, il feint de découvrir qu’il y a une crise.

Mais l’imposture a désormais éclaté au grand jour : Monsieur Hollande nous avait promis le changement. Il avait dit : le changement c’est maintenant ! Une chose est désormais claire : le changement ce n’est pas maintenant ! Rendez-vous a été fixé pour 2014… Jusqu’au prochain report !

François Hollande est un président qui joue la montre alors qu’il y a le feu ! Depuis 3 mois, François Hollande biaise, louvoie et fuit ses responsabilités. Il a accumulé les fausses annonces sans cap ni cohérence tandis que toutes les décisions sont renvoyées à des négociations et des commissions dont les résultats ne sont pas attendus avant 2014, dans 2 ans…

Et faute de réformes courageuses, François Hollande a vendu un gadget de communication, « l’agenda du redressement ». Derrière ces artifices, il n’y a que des annonces en trompe-l’œil. Il n’y a aucune grande réforme de structure annoncée, aucune mesure stratégique : pas un seul projet de grande réforme sur l’Etat, la sécurité sociale, le marché du travail ou les collectivités locales.

Tout cela traduit beaucoup d’impuissance, de faiblesse et d’embarras de la part de François Hollande. Et au final, beaucoup de cynisme. François Hollande a reconnu qu’il avait trompé les Français pendant toute la campagne : sur le bilan de Nicolas Sarkozy, sur la crise, sur sa capacité à y faire face et à diriger la France !

 

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2°) Sur l’emploi, nous n’avons que des mesures coûteuses et inefficaces qui rappellent le temps du dirigisme et de l’économie administrée : 

- Les emplois d’avenir: Ponctuellement cela peut bien sûr aider un jeune en difficulté. Mais chacun voit bien que cela ne réglera pas le problème du chômage des jeunes sur le long terme : il y a 671 000 demandeurs d’emploi de moins de 25 ans et le gouvernement nous annonce 150 000 CDD (d’une durée de 3 ans) précaires et publics. Par ailleurs, ces contrats vont coûter 1,5 milliard € par an et seront financés par la dette ou les impôts, ce qui, dans ce contexte de crise revient à empirer la situation économique. 

- le contrat de génération : en quoi cela consiste ? En des allègements de charges (sous la forme d’aides) en cas d’embauche d’un jeune et de maintien dans l’emploi d’un senior. Il existe déjà 22 milliards d’allègements (pour compenser les 35 heures et pour soutenir les emplois payés autour du SMIC). Rajouter quelques milliards d’aides, cela n’a rien de révolutionnaire !

Enfin dire qu’il faut baisser le coût du travail pour favoriser l’embauche, c’est ce que nous défendons depuis des mois avec la TVA anti-délocalisations qui a pourtant été supprimée par cette majorité.

Quant aux questions de la flexibilité du marché du travail et de la compétitivité –qui sont les clés pour relancer l’emploi- François Hollande a bien reconnu qu’elles étaient importantes, mais s’est contenté de convoquer des négociations avec les partenaires sociaux… Il est donc passé à côté de l’essentiel. Quand est-ce que la gauche comprendra que ce n’est pas en créant des contrats, qu’on créé des emplois, mais que c’est en favorisant la croissance, par des réformes de structure, qu’on fera reculer le chômage ? 

 

3°) On attendait du courage sur la dette… François Hollande nous a annoncé 20 milliards d’impôts nouveaux, après les 7 milliards d’impôts votés en juillet, et seulement 10 milliards d’économies…

Au total, 3/4 d’impôts, 1/4 d’économies, c’est exactement l’inverse de ce qu’il fallait faire ! Créer des impôts, c’est tellement plus facile que de baisser les dépenses. Et lorsqu’il s’agit d’inventer des impôts, c’est bien le seul moment où François Hollande ne manque ni d’inventivité ni d’esprit de décision…

10 milliards supplémentaires sur les ménages. Bien sûr François Hollande a expliqué la main sur le cœur que seuls les plus aisés seraient concernés… c’est de la supercherie. Il avait déjà fait le même numéro cet été, et nous avons eu la taxation des heures supplémentaires, le doublement de la taxation de l’épargne salariale, et la hausse des cotisations sociales qui concernent tous les salariés ! Ce coup-ci, c’est l’impôt sur le revenu qui sera augmenté pour 16 millions de ménages qui constituent le cœur des classes moyennes et populaires.

Et ce qui se profile également, c’est une hausse de la CSG qui frappera tous les Français et notamment les plus fragiles comme les retraités ! Et cela ce n’est évidemment pas acceptable. C’est d’autant plus inacceptable que la gauche a supprimé la franchise que nous avions instaurée sur l’AME et que nous vivons désormais dans un pays où un petit retraité doit payer ses soins alors qu’un étranger en situation irrégulière ne paye rien !

10 milliards supplémentaires sur les entreprises. C’est considérable, cela correspond presque à 25% de l’impôt sur les sociétés (qui a rapporté 39,07 milliards en 2011) ! C’est surtout incohérent : François Hollande ne peut pas dire d’un côté qu’il veut favoriser la compétitivité des entreprises en ouvrant une réflexion sur la baisse de leurs charges

sociales et de l’autre matraquer ces mêmes entreprises. Ponctionner d’une main ce qu’on donne d’une autre, c’est au mieux une politique de gribouille, au pire le comble du cynisme !

Ce choix de l’impôt est incompréhensible alors que nous avons l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus forts de l’OCDE (44% du PIB contre 39,5% en Allemagne), et que notre niveau de dépenses publiques est le plus élevé de la zone euro (56% du PIB contre 48% en moyenne dans les autres pays). Par ses décisions qui brident le pouvoir d’achat et plombent la compétitivité, François Hollande met la France en panne.

Alors restent 10 milliards d’économies, mais là on attend de voir, François Hollande n’a rien annoncé de précis, n’a ciblé aucune dépense en particulier… Il y a fort à penser que ce sont les niches fiscales qui vont être rabotées et donc ces économies ne seront pas des baisses de dépenses mais bien des hausses d’impôts que paieront les Français et les entreprises. C’est la double peine !

 

Alors que les Français sont en droit d’attendre un discours de vérité et un plan stratégique, François Hollande, mal à l’aise dans son habit de Président, ânonne, tâtonne, remâche les vieilles lunes dirigistes et coercitives de la gauche. Il est immobile, conservateur, rivé sur le frein à main alors que la crise nous commande sans attendre de mettre en œuvre des réformes de structure qui seront les seules à même de relancer notre économie et de préserver l’avenir de nos enfants.

 

 

Rédigé par JA BENISTI

Publié dans #Assemblée nationale

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