Revenir sur la réforme des retraites par décret : Un choix choquant et irresponsable du nouveau Président de la République!

Publié le 3 Juin 2012

Alors que la crise de l’endettement grec continue de faire peser un risque majeur sur l’avenir deUMP.jpg l’Europe ; alors que tous les pays de l’Union européenne prennent des mesures pour équilibrer leurs comptes publics et se mettre à l’abri d’une nouvelle crise des dettes souveraines ; alors que la France a besoin de réformes structurelles pour relancer la croissance et de baisses des dépenses pour réduire ses déficits sans avoir à augmenter massivement les impôts ; François Hollande choisit d’augmenter la dépense publique et les impôts en revenant sur la réforme des retraites que nous avons conduite en 2010. C’est son choix et il doit en porter la responsabilité. Mais c’est notre devoir d’alerter les Français sur les conséquences de cette décision.

 

1. Cette décision serait un très mauvais signal adressé à l’Europe et au monde sur la capacité de la France à se réformer. C’est pourtant une nécessité pour protéger la France. Pour réduire notre dépendance vis-à-vis de nos prêteurs, nous devons réduire nos déficits et améliorer la compétitivité de notre économie. C’est nécessaire pour les assurer de notre capacité à rembourser notre dette, pour garder leur confiance et éviter l’augmentation des taux d’intérêt. C’est la condition pour ne pas subir le sort de la Grèce ou de l’Espagne.

Or, François Hollande ne propose aucune réforme structurelle et propose de revenir sur celles que nous avons eu le courage de mener. C’est le cas par exemple de la réforme des retraites que nous avons adoptée et de la baisse du coût du travail que nous avons proposée. En clair il choisit Athènes plutôt que Berlin.

 

2. Cette décision confirmerait que le PS est incapable de prendre des positions courageuses. C’est particulièrement le cas sur la question des retraites. Depuis 30 ans que la question se pose, les seules contributions des gouvernements socialistes se limitent à un livre blanc en 1991 et une commission en 2000. Aucune décision. Les gouvernements de droite ont, eux, assumé 4 réformes : en 1993, en 2003, en 2007 et en 2010. Or, ce sont ces réformes qui ont permis de sauver notre régime de retraites. Aujourd’hui encore, le PS préfère revenir en arrière, au risque de fragiliser notre système, plutôt que d’assumer un vraie réforme responsable.

 

3. Cette décision pèsera sur le pouvoir d’achat de tous les Français. Pendant sa campagne, François Hollande a annoncé qu’il financerait cette mesure en augmentant de 5% les cotisations « retraites » des employeurs et de 7% celles des salariés. Concrètement, 5 milliards d’euros seront directement prélevés sur les feuilles de paie chaque année. Cette fois, il ne s’agirait pas de faire payer « les riches », mais bien « tous les Français ». Pour un couple où chacun gagne 1 600€ (soit le salaire médian), cela représente 250€ de moins sur la feuille de paie chaque année. Tous les salariés payeront donc pour 100 000 à 150 000 bénéficiaires (le nombre de bénéficiaires reste d’ailleurs incertain à ce jour). Pour nous, il est évident que le coût de cette réforme sera, au final, bien plus élevé pour les salariés et les contribuables. Initialement, le décret devait ouvrir le départ à la retraite à taux plein à 60 ans à ceux qui auraient cotisé, et non pas validé, 41 annuités. Mais sous la pression des syndicats, le Gouvernement a déjà commencé à revoir sa copie en intégrant dans ces années de « cotisation » : les congés maternité, les périodes de service militaire et certains congés maladie. Jusqu’où le gouvernement est-il prêt à aller pour satisfaire les syndicats? Le périmètre exact de cette réforme est aujourd’hui parfaitement flou et le Gouvernement ne propose aucune évaluation chiffrée. De plus, François Hollande n’a prévu que la part de financement de l’État dans sa réforme. Qu’adviendra-t-il des régimes de retraite complémentaire ? Les deux organismes qui les gèrent, l'Agirc et l'Arrco estiment qu’il leur faudra trouver 9 milliards d’euros d’ici à 2017 pour financer la promesse du Président socialiste. Pour y parvenir, ils n’auront que deux solutions : augmenter les cotisations ou baisser le montant des pensions.

 

4. Cette décision ne respecte pas le Parlement. En choisissant de passer par décret, François Hollande contourne la procédure parlementaire. Ces 5 dernières années, le groupe socialiste, présidé par Jean-Marc Ayrault, n’avait pas de mots assez durs pour critiquer le recours au décret. Et voici que la première décision d’importance du mandat de François Hollande se prendra justement…par décret ! Quelle duplicité ! C’est pourtant un sujet absolument fondamental, qui touche à l’équilibre des comptes publics et qui aura des conséquences sur le pouvoir d’achat de tous les Français. Le Président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a raison de s’insurger contre cette méthode. À quelques semaines des élections législatives, François Hollande démontre le peu de cas qu’il fait du rôle des députés, représentants du peuple français.

Rédigé par JA BENISTI

Publié dans #Assemblée nationale

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